visites guidées
visites guidées
bénévoles
expo-musée
blasons
archives
château
venir à saint-montan
photos



venir à saint-montan

livre d'or
partenaires

titre ardèche
En Ardèche méridionale

(dans la Vallée du Rhône :
20 km au sud de Montélimar)


La Cité médiévale de
SAINT-MONTAN



Contactez-nous par e-mail
saintmontan@orange.fr

Téléphone : 06 65 29 68 07






Un village médiéval exceptionnel !


ardèche
Les cadastres d’Orange… et Saint-Montan
ardèche
ardèche
En septembre 1949, au cours de travaux au centre d’Orange dans le Vaucluse, fut mis à jour “un nid de marbre” dont un certain nombre de fragments de plans cadastraux de la colonie romaine d’Arausio. Les fouilles qui se poursuivirent épisodiquement de 1952 à 1963 permirent de réunir 444 fragments et une inscription monumentale de Vespasien, empereur romain de 69 a 79 après Jésus-Christ.

L’épigraphiste A. Pigagnol (1) reconnut leur appartenance à trois cadastres qu’il désigna par A, B, C, puis il marqua sur le terrain les cadastrations. “Le B, le moins incomplet, fut bien déterminé. Son territoire s’étend de Montélimar à Orange, et du Rhône aux premiers reliefs importants à l’est”, telle fut sa conclusion. Depuis une vingtaine d’années la technologie “du traitement de texte de l’image” pour des photographies aériennes ou prises par satellites, a apporté d’étonnantes précisions.

C’est ainsi que Chouquer (2) peut affirmer que le cadastre dépasse le cadre de la colonie romaine d’Arausio. Pour ce chercheur, le Rhône qui coulait plus à l’est en ce temps là, ne serait pas la frontière, à l’ouest, de la colonie mais les Monts de l’Ardèche, entre les deux villes de Bourg Saint-Andéol et Viviers. La commune actuelle de Saint-Montan serait donc figurée sur ce cadastre. Pigagnol n’avait pu le préciser car les fragments correspondants n’avaient pas encore été retrouvés. Par contre “il avait pu tracer les cours du Rhône, de la Berre, et le franchissement de celle-ci par la voie Agrippa au Logis de Berre”.

Or, dans la “Charta Vetus” de l’évêché de Viviers où sont consignées les donations qui ont été faites au Haut Moyen-Age, nous avions relevé des noms de certains lieux-dits retrouvés dans notre commune (3). Ainsi, un riche propriétaire terrien devenu évêque de Viviers sous le nom de Firmin, et Alcinius, l’époux de sa fille, avaient donné tous leurs biens à l’église de St-Vincent à la fin du VIe siècle. A l’époque de ces donations, le Vivarais était sous la domination de Clotaire II, roi des Francs, fils de Chilpéric mort en 584.

C’était donc, bien après l’an 77 de notre ère, date a laquelle l’empereur Vespasien avait ordonné de dresser les cadastres pour que le proconsul de la Narbonnaise, dont le Vivarais dépendait, puisse mettre de l’ordre dans la fiscalité de cette province après les règnes désastreux de Caligula, Claude et Néron. Les domaines de Firmin et de son gendre, que l’on peut dater de la fin du VIe siècle, pouvaient se trouver encore (les spécialistes le reconnaissent) sur des domaines existant déjà en 77, même si l’occupation des sols fut très modifiée, suite aux invasions très destructrices des barbares dans la vallée du Rhône.
Ainsi T. Oudiot (2) confirme que sur la rive gauche au lieu-dit Logis de Berre, suite a une étude archéologique, on peut affirmer que l’occupation a perduré du premier Age du Fer jusqu’au VIe siècle “et que l’intérêt de ce site devait être important puisque la voie dite d’Agrippa traversait la rivière Berre pour la longer”. Autre certitude apportée par les archéologues : la présence d’un site antique sur les bords du Rhône proche de l’ancien port de Donzère et de la ferme “Molard”.

A proximité, ils ont mis en évidence un complexe de 10 000 mètres carrés de surface, avec un cellier d’une capacité de stockage en vin de 2 400 hectolitres, 4 pressoirs, 2 fouloirs à environ 700 mètres de Donzère, et 1 500 mètres du cours actuel du Rhône. Cette cave de grande capacité devait exporter à Rome, par Arles et Ostie, du vin d’Helvie très apprécié des Romains. Selon Pigagnol “le pont qui franchit le Rhône un peu en amont de Donzère, et la route qui conduit sur la rive droite respectent rigoureusement l’orientation antique et doivent succéder à un très ancien passage”. Or sur cette rive, dans la commune de Saint-Montan, il y a un lieu-dit les “Baraques”. Pour les toponymistes “baraques” est la traduction du latin “canabae”. “Ces baraquements, installés dans des camps de halte pour les légionnaires en campagne, étaient occupés par des commerçants, des batteleurs, des femmes”.

Ces aménagements, d’abord précaires, au cours des temps devinrent parfois “vicus” c’est-à-dire, généralement, un hameau. Dans les cités (à Lugdunum, Lyon, par exemple) dans le quartier “les Baraques” s’établirent des négociants (le plus souvent orientaux dits syriens) en huile et vin. On connait ce fait par la dédicace d’une statue, citée par Leurat (4) : “A Mintathius Vitalis, fils de Marcus négociant en vin lyonnais établi aux “Baraques”… (qui fut) honoré du très splendide ordre d’Alba” (Alba Helviorum, soit Alba des Helviens).

Au quartier des Baraques à Saint-Montan, faute de fouilles archéologiques, ne pourrait-on émettre l’hypothèse que d’anciennes “canabae” furent aménagées en entrepôt par un propriétaire devenu exportateur d’huile et de vin produits dans le Bas-Vivarais ? Rappelons qu’en 1885 sur la colline Saint-Pierre, surplombant les “Baraques”, Marichard a mis à jour les ruines d’une “splendide résidence” gallo-romaine, à environ 4 lieues romaines du site portuaire de Donzère (3). Notons que non loin du lieu dit Baraques (avec un seul r) et au nord se trouvent deux lieux-dits : Petit Champagne et Grand Champagne. Ne serait-il pas le “souvenir” de Petit Camp et Grand Camp dérivés du latin campus qui a donné camp, campagne, champagne ?

ardèche

ardèche
Revenons aux Archives.
La Charta Vetus est la dernière copie transcrite après plusieurs autres à partir de celle de 950 qui, elle-même, était la copie de l’original devenue difficile à lire et qui a disparu. Des erreurs certaines de copistes ont rendu parfois, malheureusement, sa compréhension hasardeuse. La première concernant notre commune est rédigée ainsi : “Sanctus Firminus cum uxore Aula, Lendronino (relu par un autre copiste : Ladamusco), Meteratis cum ecclesia sancti Andreae damate (notons le “d” minuscule de “damate” que nous avons relevé dans la copie de la Charta Vetus conservée à l’évêché) Tornicate, medio Saconaco, Vocerno. Ista dereliquit at Deo et Sancto Vincentio”. “Saint Firmin en accord avec sa femme Aula fit don de Lendronino (Ladamusco, probablement plus exact), Meteratis avec l’église Saint-André, damate, Tornicate, medio Saconaco, Vocerno, le tout offert à Dieu et à Saint-Vincent”.

Pour Rouchier : Tornicate serait Tourne, quartier de Bourg-St-Andéol ?? Vocerno : Valescure qui est bien dans la commune, ainsi que Chauviac, traduction de Rouchier du mot Saconaco. Chauviac serait le domaine (acum) de Calvius, le Chauve. Ecclesia Saint-André est, sans nul doute, celle de Saint-André de Mitroys. Mais il semble impossible de faire “descendre” le mot Mitroys de Meteratis ! Peut-être (hypothèse, encore et toujours, reprise sans preuve) y aurait-il eu là, un temple dédié à Mythra ou Cybèle ? Ne serait-il pas plus simple de trouver une traduction à partir du verbe latin : metor, metari, signifiant délimiter et de traduire, tout simplement, meteratis par enclos (ce qu’il est) : l’enclos de l’église de Saint-André ?

A l’aube de l’ère chrétienne l’église “apprivoise” la mort alors, le cimetière qui “d’excentrique” qu’il était, vient “s’agglutiner autour de l’église”, selon les remarques de l’historien Lebecq. L’enclos de Saint-André est bien un cimetière et une coupe archéologique pourrait en dater son origine, ou antique ou mérovingienne. D’autre part, meteratis, pour le toponymiste Rostaing, viendrait de mece-, ruines, meteratis ne serait qu’un amoncellement de ruines. Mais damate, sans majuscule, ne viendrait-il pas du mot latin damnum : dommage, dam ? Il semblerait plus logique alors d’associer meteratis (m, minuscule) à l’idée d’enclos, et damate a l’idée de ruines. Et certes nombre de ces villae (maison avec l’oratoire pour les premiers chrétiens) n’étaient que ruines, après le passage des Barbares. 
On sait que, suite a ce grand “dam”, bien des domaines ainsi dévastés furent donnés à l’Eglise, non seulement par dévotion mais aussi par désolation et misère. L’autre don est celui d’Alcinius, époux de la fille de Firmin, la sœur d’Aule successeur de son père en tant qu’évêque. Connu pour sa piété et son extrême charité il fut sanctifié. “Ego Alcinius et uxor mea Madeconia qui fuit soror sancti Auli dotavinus Sancti Vicenti, de Cuisiniaco quod est constructus super flumen Rhodani usque ad Bauarias, et usque rives Osonem et Bello dimidium, Tricastinensis insula quae vocatur Argentarias quae est a Bergoïates superiorem”. Moi et ma femme Macedonia qui était la sœur de Saint-Aule nous donnons à Saint-Vincent : le domaine de Cousignac (domaine qui existe toujours dans la commune sous ce même nom). Situé au dessus du Rhône il s’étend jusqu’à la Berre et à l’embouchure de cette rivière. Il faut remarquer que la Berre est située de l’autre côté du fleuve, face à Cousignac, l’ensemble devait être d’une très grande étendue.

Bello dimidium est pour Rouchier le domaine de Bel… et si c’était celui de Berre relevé dans les cadastres d’Orange ? L’ île Argentarias est dans le Tricastin à Bourg-Saint-Andéol quartier dit en ce temps là Le Haut. Tels sont les rapprochements possibles entre le cadastre d’Orange et les noms identifiés, et dans la Charta Vetus, et dans le cadastre actuel de notre commune. Espérons que les passionnantes recherches, poursuivies par les chercheurs nous apporteront de nouvelles précisions sur l’histoire de notre village qui, sans nul doute, n’était pas encore… Saint-Montan.

Bibliographie :

1 - A Pigagnol : Les documents cadastraux de la colonie d’Orange - C. N. R. S. : XVe supplément Gallia (1963)

2 - Chouquer : Cadastre et espace rural : Besançon (1980)
C. N. R. S. (1983)

3 - R. Barral-Mazoyer : St-Montan en Vivarais. Aubenas (1993)

4 - L. Leurat : La Gaule romaine. Ed. Errance (1986)
ardèche




La première croisade et Saint-Montan
ardèche




“Nous avons tous, ou presque tous, un lointain ancêtre – baron ou plus souvent piéton – qui participa à l’aventure”

Il y a eu 900 ans, le 15 août 1096 : “les moissons étant engrangées”, des Francs du nord, des Francs du midi mais aussi des Italiens, des Lombards… s’ébranlèrent, en route pour Jérusalem. C’étaient des chevaliers, leurs barons et leurs gens d’armes suivis d’une foule de piétons, hommes, femmes et enfants. Ils partaient délivrer le Saint Sépulcre tombé, en 1071, aux mains des Turcs. Cette date avait été fixée à l’approche de la Saint-Nicolas en 1095 par un pape français, Urbain II, lors du concile de Clermont. Après avoir délibéré de problèmes liturgiques, le pape avait évoqué devant les prélats et les laïcs, les persécutions à l’égard des pèlerins en Terre Sainte. Il exhorta les fidèles à devenir les “hérauts du Christ” pour chasser les impies des lieux saints promettant à tous ceux qui mourraient dans les combats, la remise de leurs péchés, lançant l’appel fameux aux conséquences insoupçonnables, “Dieu le veut”.

Certes il fallait libérer Jérusalem, mais il fallait aussi assagir – et éloigner pour un temps – tous ces seigneurs belliqueux, toujours prêts à guerroyer pour agrandir leurs domaines aux dépens d’un voisin, fut-il évêque. En 989, au concile de Charroux, dirigé par l’évêque Guy du Puy, I’église avait tenté, en vain, de leur imposer “la paix de Dieu”. Mieux valut, leur disait Urbain II, sauver son âme au service du Christ. Répondant à l’appel, nombreux furent ceux qui, abandonnant toute ambition, “cousirent une croix sur leur épaule” – d’où le nom de croisés et de croisade –. C’est ainsi que le puissant comte de Toulouse, Raymond IV de Saint-Gilles, marquis de Provence, qui prétendait avoir des droits sur le riche diocèse de Viviers donc sur le Vivarais, fut un des premiers à réunir ses barons avec le secret espoir d’être choisi chef de “l’ost Notre Seigneur”. Le pape lui préféra Godefroi de Bouillon. J. Régné, dans Histoire du Vivarais (2), raconte qu’un ami de l’évêque Léger de Viviers, Ponce de Balazuc, s’engagea auprès du comte de Toulouse avec, sans nul doute, des “pèlerins” armés ou civils. Or, “la famille de Balazuc possédait, selon Le Sourd, une part de la seigneurie de Saint-Montan depuis 1077” et voilà pourquoi, un de nos lointains ancêtres…
 
Raymond d’Aiguilhe, un chanoine de l’entourage de l’évêque du Puy, Adhémar de Monteil – le représentant du pape à la croisade –, écrivit à l’évêque Léger pour lui faire un récit de la croisade et lui apprendre la mort de son ami Ponce de Balazuc, au siège d’Archas. Un chevalier croisé, resté anonyme (1), laissa une chronique des événements qu’il vécut, où il est possible de suivre l’armée du comte de Saint-Gilles, très présente à tous les combats, et donc Ponce de Balazuc jusqu’à sa mort.
Quatre armées composèrent “l’ost Notre Seigneur”, mais chacune empruntant une route différente, le pape les engagea à se rejoindre d’abord à Constantinople, la capitale de l’empereur chrétien d’Orient : Alexis de Commène. Celle du comte de Saint-Gilles passant par l’Esclovanie, la Slovénie actuelle, arriva aux abords de la ville vers Noël. Elle campa hors des remparts que franchit le comte, comme les 31 autres chefs, à l’invitation de l’empereur. Est-ce devant la splendeur et les richesses de Constantinople que l’ambitieux comte de Toulouse rêva d’un fief en Orient ?

L’empereur demandant aux chefs “des soldats du Christ” que “l’hommage” lui soit rendu “seul le comte de Saint-Gilles répondit qu’il n’en était pas question, fut-il au péril de sa tête”. Fier et téméraire, il refusait d’être le vassal de l’empereur, désireux de chasser les Turcs usurpateurs de ses terres, par l’intervention des Francs. Mais le duc Godefroi s’engagea au nom de tous. En récompense, “l’empereur offrit des vivres, des chevaux, de l’or pour les chevaliers, de la menue monnaie pour le peuple et des bateaux pour franchir le Bosphore”. Débarqué sur l’autre rive, Godefroi, pour la première fois depuis le départ – on était en mai 1097 – put recenser ses troupes avant de prendre la route pour Jérusalem. Les quatre armées, désormais, sous le commandement de Godefroi de Bouillon, traversèrent le Bosphore puis, en un très long cortège suivi du peuple pèlerin, prirent la route de Jérusalem passant par Nicée (Iznik), “la capitale de toute la Romanie”.

Ils furent en vue de cette cité le 6 mai. “Là, raconte l’anonyme, nous campâmes… et nous connûmes une grande disette de pain”. Un abondant ravitaillement étant alors arrivé par mer chacun reprit courage et, le jour de l’Ascension, le siège commença. “Le comte de Saint-Gilles entouré de toutes parts du signe de la croix”, ayant à ses côtés l’évêque du Puy et sa gent (dont très probablement Ponce de Balazuc, représentant et ami de I’évêque de Viviers) “se heurta à l’ennemi à la porte du Midi et chargea avec fougue”. Effrayés, les Turcs s’enfuirent laissant derrière eux de nombreux morts. Surgit une seconde vague de cavaliers turques et, ce jour là, se passa un fait de guerre tristement célèbre qui se renouvellera encore. “A mesure que les Turcs avançaient, ils restaient sur place la tête coupée par les nôtres. Ceux-ci alors, projetaient les têtes tranchées avec des frondes, au delà des remparts, pour accroître la frayeur des Turcs”. Le siège dura 7 semaines et 3 jours, en dépit de l’ardeur des troupes du comte de Saint-Gilles et des chevaliers venus le rejoindre. En vain, la tour du Midi fut sapée. Mais à la suite de transactions secrètes entre l’empereur Alexis et les assiégés, Nicée se rendit à Alexis, privant les croisés de la victoire. “Beaucoup reçurent là le martyre dans la joie et l’allégresse”.

ardèche

ardèche
- L’ost repartit le 26 juin en deux colonnes, l’une sous le commandement du Comte Bohémond, prince de Calabre et l’autre “de Godefroi avec le comte de Saint-Gilles accompagné de sa gent nombreuse et de plusieurs autres”. Deux jours plus tard, les Turcs tentèrent d’encercler les croisés se demandant “d’où était sortie une telle multitude, impressionnés par leur mobilité” au cri “soyons unanimes dans la foi du Christ, dans la foi de la victoire”. Tous s’élancèrent avec une telle ardeur que les Turcs s’enfuirent abandonnant leurs campements. “Là, se fit un important butin d’or, d’argent, de chevaux, ânes, chameaux, mais aussi de beaucoup d’autres biens ignorés”, c’était le 1er juillet à Dorylée (Eskisehir).

- L’ost repartit, une fois encore, à la poursuite des fuyards qui se vantaient dans les pays traversés, pour en obtenir de l’aide, d’une victoire sur les chrétiens, brûlant et pillant tout. Ainsi s’ouvrit un désert de famine et de soif devant les poursuivants. C’est dans ce désert de désolation que “le Comte de Saint-Gilles sembla si affaibli que l’évêque d’Orange lui administra l’extrême-onction”. Il survécut. Une année s’était écoulée depuis le départ quand l’ost atteignit de riches terres aux approches d’lconium (Konya). On fit d’abondantes provisions sans oublier l’eau, les uns se dirigèrent vers Tarse, la ville de l’apôtre Paul, les autres, dont Godefroi et le comte de Saint-Gilles “entrèrent en Arménie où la plupart des villes déjà christianisées se rendaient sur le champ”.

Le comte ayant appris que la garde turque d’Antioche était partie, décida d’entreprendre la conquête de cette prestigieuse “capitale de toutes les Syries que le Seigneur avait remis au bienheureux Pierre, le prince des apôtres” et où les premiers disciples de Jésus, pour la première fois se dirent chrétiens. Arrivé vers midi, le 21 octobre, le comte ordonna le siège de cette forteresse réputée imprenable. Les assauts répétés se révélèrent inefficaces. Fatigue, famine et puis la peste sapèrent le moral des Francs provençaux. “Il y eut tant de morts que l’on ne savait où les ensevelir”. Après 7 mois de lutte, la forteresse s’avéra effectivement imprenable. Le découragement fut tel que, même quand la ville fut occupée, de nombreux Francs, même parmi les chevaliers, tentèrent de déserter. Alors, signes, visions et prédictions redonnèrent foi et courage aux combattants du Christ.

Dans Antioche occupée par les croisés qui, en dépit de tous les sacrifices et les combats n’arrivaient pas à conquérir la forteresse, la première vision qu’eut un prêtre jurant “sur les évangiles de l’évêque du Puy” fut celle de la Vierge se tenant aux côtés de Saint-Pierre lui prédisant la victoire, elle rendit quelques espérances aux combattants. Puis un pèlerin nommé Pierre assura que l’apôtre André lui avait révélé “l’emplacement de la lance de Notre Seigneur dont il fut blessé sur la croix”. Elle avait été cachée dans l’église Saint-Pierre. On alla sur le lieu désigné, on fouilla et l’on découvrit la lance à l’endroit dévoilé.

Le comte de Saint-Gilles, l’évêque du Puy et nombreux de ses barons dont Ponce de Balazuc, comme il est dit dans la lettre du chanoine du Puy à l’évêque Léger de Viviers, étaient présents. Tous reprirent courage et jurèrent de continuer la lutte jusqu’à Jérusalem sans défaillance. “Portant la lance l’évêque du Puy suivi de sa gent et du corps de combattants sortit, des remparts pour s’attaquer à la citadelle”. Le comte de Saint-Gilles resta sur les hauteurs de la ville pour tenir en respect l’armée. l’ennemi épouvanté par tant d’audace capitula. Le comte de Saint-Gilles fit porter son étendard à la garde vaincue pour qu’il soit hissé sur la tour. Mais les gens du Comte Bohémond qui avaient participé à la victoire protestèrent et ce fut l’étendard de leur chef qui flotta sur la citadelle. Contrairement au comte de Saint-Gilles, Bohémont avait donné “l’hommage” à l’empereur, s’étant engagé à rendre les villes reconquises quand ils étaient réunis à Constantinople. 
Refusant de restituer Antioche il décida d’y créer une principauté chrétienne et franque qui le restera jusqu’en 1268… on peut comprendre l’amertume ressentie par le valeureux comte de Saint-Gilles. “Cette bataille, nous apprend l’anonyme, eut lieu le 28 juin, la veille de la fête des apôtres Paul et Pierre es-liens”. “Nous nous reposâmes de nos peines en grande joie et liesse pendant 5 mois et 8 jours” “les chefs ayant décidé de ne repartir qu’en novembre. C’est à Antioche que l’évêque du Puy tomba malade et, selon la volonté de Dieu, émigra de ce siècle le jour de la Saint-Pierre”.

- Seule une partie de l’ost reprit la route laissant derrière elle Antioche aux mains de Bohémond et de certains chefs et des barons profondément divisés dont certains n’étaient plus animés que du désir de se tailler un fief dans cet Orient si riche de ce que ne connaissait pas l’Occident. Très seul, mais pressé par sa gent, le comte de Saint-Gilles reprit la marche en avant et les combats. S’étant emparé de la forteresse d’Abara, “il s’empressa de l’établir sous son empire ; il nomma un évêque, la mosquée fut transportée en église et il fit massacrer tous les Turcs infidèles”. Continuant sa route, il s’arrêta devant Marra où Bohémond, délaissant son fief, le rejoignit. Nouveau siège, nouvelle victoire, nouvelles razzias. C’est à Marra, avant l’assaut final, tous souffrant d’une terrible famine, qu’eut lieu des actes de cannibalisme perpétrés par les Francs selon les récits d’historiens arabes et l’anonyme parle “de cadavres dont ils (les Francs) découpaient la chair et la faisait cuire pour la manger”. A Marra mourut l’évêque d’Orange.

 Le comte de Saint-Gilles, toujours opposé au comte de Bohémond sur la conduite à suivre, revint à Antioche pour tenter de réveiller l’ardeur de ses compagnons d’armes et “de trouver un moyen de se maintenir dans l’honneur sur la voie du Saint Sépulcre”. Ayant échoué, en signe d’humilité, il sortit d’Antioche pieds nus suivi de sa troupe le 13 janvier 1098. Ils traversèrent des régions chrétiennes plus ou moins accueillantes. Enfin, vers la mi-février, sortant de la riche vallée de Sem, ils arrivèrent devant Archas “le siège dura 9 mois moins 1 jour, là, nous célébrâmes la Pâque du Seigneur”, c’était le 10 avril. Ponce de Balazuc assista-t-il à cette fête religieuse ? Selon la lettre du chanoine Guy d’Aiguilhe à l’évêque Léger, ce fut devant Archas qu’il fut tué d’un coup de pierre. “En ce siège reçurent heureusement le martyre plusieurs des nôtres… dont les noms m’échappent”.

- L’ost repartit. Arrivant à Tripoli le 13 mai le comte de Saint-Gilles n’y séjourna que trois jours. Ce ne sera qu’après la prise de Jérusalem que le Comte de Saint-Gilles reviendra au Liban. Il croyait trouver là la Terre Promise. Il ne put jamais conquérir cette ville. Il mourut le 28 février 1105 dans la forteresse qu’il s’était faite construire sur le Mont Pèlerin face à la cité. Ce n’est que quatre ans plus tard que son fils Bertrand, suivi dit-on, de quatre mille chevaliers provençaux, put s’emparer de Tripoli qui restera franque jusqu’en 1289. Les Mamelouks qui la reprirent la rasèrent totalement pour détruire tout souvenir franc et la rebâtirent, précisément, sur le Mont Pèlerin sous le nom de Qalat Sanjil qui serait la transcription arabe de Saint-Gilles.

Bibliographie

1 - L’Anonyme (dit): La Geste des Francs, Arlea (1992).
(traduction et présentation : Aude Matignon)

2 - Histoire du Vivarais (Jeanne Laffite. Reprints) (1969).
ardèche




Le dernier coseigneur de Saint-Montan,  Jean-Claude, Joseph de Saint-Priest.
ardèche




Si l’Histoire de Saint-Montan nous est trop souvent assez mal ou peu connue, un heureux hasard peut quelquefois nous offrir la chance d’en écrire quelques pages. Il en est ainsi pour l’histoire du dernier coseigneur du château, Jean-Claude, Joseph de Saint-Priest.

Josserand-Etienne de Saint Priest, comte d’Urgel, un de ses descendants en ligne directe a eu l’extrême obligeance de me communiquer ses archives familiales et de me guider dans cette recherche. C’est au début du XVIIIe siècle qu’un descendant de cette illustre famille, seigneur déjà de Châteauneuf, fut coseigneur de Saint-Montan. En effet, Louis de Saint-Priest, fils cadet de Pierre III de Saint-Priest, avait épousé en 1686 Charlotte de Boulieu, en l’hôtel de Boulieu à Annonay, où il s’installa à la mort de son beau-père. C’est à Annonay que son fils cadet rencontra la “belle Magdeleine Devès” dont il s’éprit. La famille Devès était une vieille famille de Bourg-Saint-Andéol et de Saint-Montan.

Les Devès sont connus dans les Archives notariales dès le début du XVIIe siècle. Un Louis Devès était recteur de la chapelle Saint-Yves dans l’église paroissiale de Sainte-Madeleine et à sa mort, en 1727, il fut enterré dans cette chapelle où sa famille avait une sépulture. Le notaire Claude Devès, un de ses parents, époux d’Anne David, qui nous a laissé de nombreux registres datés de 1644 à 1681, l’avait précédé dans cette sépulture à sa mort en 1683. D’autres membres de cette famille se succédèrent comme notaire a Saint-Montan tel Jean-Louis Devès, époux de Magdeleine Mouton, de 1660 à 1730, et Louis René Devès époux de Gabrielle Garcin. Ce dernier fut consul de 1742 à 1747, sous Louis XV, alors que Jean-Joseph Devès, époux d’Anne Brunel, lieutenant de juge devint greffier consulaire de 1692 à 1755. Dans le même temps, Jean Devès, époux de Magdeleine Coupa (les parents de la belle Magdeleine) était procureur du sénéchal de Nîmes. Louis Devès, époux d’Elisabeth de Quintin, avocat, fut premier consul de Saint-Montan. Il occupa cette fonction de 1779 a 1788 “avec pour conseiller noble Etienne Hilaire de Saint-Priest” fils de celui qui épousa Magdeleine Devès.

Madame de Saint-Priest n’ayant pas admis le mariage de son fils avec Magdeleine Devès, le contrat de mariage fut signé à Saint-Montan en présence des seuls parents de l’épousée.
A la mort de sa mère, Etienne-Gabriel de Saint-Priest vendit ses biens hérités à Annonay pour s’installer “dans une grande maison à Virsac (Viressac, sorte de château, aujourd’hui transformé en ferme) située dans la commune où il possédait des terres comprenant des rentes nobles”. Il existe sur le cadastre deux lieux-dits “Devès” et “Grand Devès”.

De ce mariage naquit trois fils à Saint-Montan :
Etienne Hilaire fut le premier à prendre le titre de seigneur de Saint-Montan. Brigadier aux Gardes du Corps du roi Louis XV, il avait épousé Eulalie Quentin de Bauvert, au château de “Bel Eau” à Donzère. De ce mariage naquirent, à Saint-Montan, trois fils : Jean-Claude Joseph, Augustin-Louis et Louis Augustin qui, comme leurs ancêtres embrassèrent la carrière militaire que brisèrent les événements politiques de cette époque. Seul le fils cadet finit sa carrière comme amiral.

Jean-Claude Joseph vint au monde en 1764. Comme son père, il servit dans les Gardes du Corps du roi – dans la compagnie de Gramont – jusqu’à la Révolution. Le 18 avril 1790, il épousa à Bollène, dans le comtat Venaissin encore sous l’autorité papale, “Céleste de Roquard qui appartenait à une très illustre famille de Bollène”. Jean-Claude Joseph de Saint-Priest perdit tous ses droits seigneuriaux à la Révolution. “La tradition familiale veut qu’il participa à un complot pour faire évader la reine Marie-Antoinette de la prison du Temple pour gagner l’Italie. A la Terreur, il n’émigra pas car il fut caché par la population”.

Redevenu coseigneur en 1802, “ses prérogatives seigneuriales furent changées en prérogatives municipales et il demeura administrateur de la commune jusqu’à son établissement à Bollène en 1817 (Biographie de Louis de Châteauneuf). Ce choix d’un seigneur caché et protégé sur ses terres lors de la Révolution et de la Terreur, laisse entrevoir la confiance qui pouvait lui être accordée par l’administration préfectorale, fait sans doute assez rare dans l’Histoire de France de cette époque. Rappelons, pour mémoire, qu’en 1802 Bonaparte devint consul à vie et proclama la Constitution de l’an X dont certaines lois modifièrent les Institutions Municipales qui avaient perdus tous pouvoirs sous l’Ancien Régime. Elles avaient été renforcées une première fois par un décret de fructidor de l’an III (en 1794) sous la Convention.
ardèche




Napoléon… et Saint-Montan,
ardèche




Napoléon – est-il besoin de le rappeler – gouverna en maître absolu dès 1802. Certes, il dota la France du Code Civil avec le rejet total de la féodalité seigneuriale. Mais, voulant recréer, selon sa propre expression, “l’unité européenne de Charlemagne”, il s’aliéna l’Angleterre qui jura sa perte, hostile – déjà – à toute idée européenne… Le blocus continental, que Napoléon d’ailleurs ne réussit pas à établir efficacement faute d’une flotte suffisante, poussa l’Angleterre à se coaliser avec les royautés européennes, l’Autriche, la Prusse, l’Espagne… et la Russie.

Ce fut la guerre pendant 13 ans, jusqu’à la chute et l’exil à Sainte-Hélène. L’armée impériale vola d’abord de victoires en victoires. Mais survint en Espagne une guérilla transformée rapidement en guerre qui, comme devait l’écrire Stendhal dans son Napoléon “marqua à la fois l’époque de la décadence de sa puissance et l’époque de la décadence de son génie”. Napoléon lui-même dira à Las Cases à Sainte-Hélène “cette guerre a détruit ma moralité en Europe, compliqué mes embarras, ouvert une école aux soldats anglais. C’est moi qui ai formé l’armée anglaise dans la péninsuIe”. Alors que Napoléon et l’empereur Alexandre 1er de Russie “refaisaient la Carte du Monde” le peuple espagnol allait anéantir ce beau rêve. Souvenons-nous “du coup de Trafalgar”quand la flotte franco-espagnole, tenue en échec par l’amiral anglais Nelson tenta de sortir de Cadix. Bien qu’en nombre inférieur la flotte anglaise l’arrêta en vue du cap de Trafalgar le 20 octobre 1805. Après un terrible affrontement elle dut se rendre, et l’Angleterre se retrouvait maîtresse des mers.

L’Espagne, alliée de la France, se tourna alors vers l’Angleterre et ouvrit ses ports, ainsi que le Portugal, aux marchands anglais. La mésentente survenue à la cours des Bourbons d’Espagne précipitèrent les événements. Godoy ministre duc de Charles IV d’Espagne et favori de la reine, voulut imposer le prince héritier Ferdinand et s’allia aux Anglais. L’arrivée de Murat et de ses troupes aux portes de Madrid, précipita les événements. En mars 1808 une émeute éclata dans la capitale. La mésentente entre le roi et son fils Ferdinand fut le prétexte pour Napoléon, qui haïssait les Bourbons déjà chassés de Naples, d’écarter aussi ceux d’Espagne. Il attira, sous prétexte de négociations, le roi et son fils à Bayonne, les obligea à abdiquer, et les fit prisonniers avec Godoy, au château de Valençay. Le 15 juin 1808, il désigna le roi de Naples, son frère Joseph, “roi des Espagnes et des Indes” qui partit pour Madrid avec une armée de 80 000 hommes et une Constitution libérale. Les Espagnols ne l’entendirent pas ainsi et se révoltèrent en masse.

L’affrontement du peuple espagnol et des troupes françaises fut d’une rare violence marquée de part et d’autre d’atrocités dont le peintre Goya s’est fait le témoin dans ses tableaux et gravures “désastres de la guerre 1810-1814”. Une junte à Séville organisa la résistance, la guerre d’Espagne était commencée. Les généraux évaluèrent mal le pouvoir de cette révolte populaire. Le général Dupont subit une cruelle déroute, et ce fut la capitulation de Bailen, le 22 juillet 1808. Lors de cette bataille périrent et furent faits prisonniers de nombreux Français. Bailen, en Andalousie, fut la première défaite des armées napoléoniennes. Le Portugal se souleva à son tour soutenu par les Anglais et le général Junot dut, lui aussi, capituler à Cintra. 
Napoléon, après son entrevue avec Alexandre de Russie à Erfurt (12 octobre 1808), partit aussitôt avec quelques uns de ses plus fidèles généraux, (Lannes, Soult, Ney… ) espérant redresser la situation dans la péninsule ibérique. Vainqueur à Burgos, à  Somo-Sierre, il put atteindre Madrid le 9 décembre alors que Soult et Ney triomphaient des Anglais au Portugal. La victoire semblait si proche que Napoléon repartit pour la France où Talleyrand en profitait pour intriguer contre lui, laissant à Madrid son frère Joseph, seul maître et roi. Mais la Catalogne s’enflamma à son tour.

En 1808, après Iéna et Eylau où les pertes en hommes avaient été importantes, Napoléon avait du demander à la France un nouvel effort “pour sauver la paix” d’où une nouvelle levée de conscrits, mal acceptée. Nous avons un récit d’une journée de recrutement dans les villages, toujours en vigueur depuis “la loi Jourdan de 1798”. Les jeunes gens de 20 à 25 ans étaient conscrits, c’est-à-dire “inscrits ensemble” sur les listes de registres militaires. On tirait au sort ceux qui devaient partir. Les communes étaient responsables des “levées” le jour du tirage au sort, journée devenue trop familière sous Napoléon qui se déroulait sur la place du village – sans nul doute au Poussiac à Saint-Montan – en présence de Monsieur le Maire.

En 1808, le maire était Jean-Claude Joseph de Saint-Priest, évoqué dans le précédent article, dont nous possédons la reproduction de son portrait grâce à l’obligeance de son descendant direct le comte Josserand de Saint-Priest. Il fut maire de Saint-Montan de septembre de l’an X (1802) au 13 janvier 1806, puis fut reconduit dans ses fonctions jusqu’au 7 décembre 1817, date à laquelle il se retira à Bollène. Les maires étaient alors nommés par le gouvernement impérial sous l’autorité des préfets. En 1808 le préfet de l’Ardèche était un noble de l’Ancien Régime, officier de l’armée de Louis XVI, Alexandre de Bruneteau de Sainte-Suzanne, qui avait été élève et ami de Bonaparte à l’école militaire de Brienne. Mis en place en 1806 il y restera jusqu’en 1810. L’administration préfectorale centrale, créée le 6 mars 1790 dans le département de l’Ardèche, avait été installée à Privas dès le 9 septembre 1790. Le jour du tirage au sort le maire était entouré de ses adjoints, d’officiers recruteurs envoyés par le préfet, et de gendarmes. Chaque conscrit tirait de son chapeau un numéro. Sur place, et aussitôt, il était “toisé” c’est-à-dire mesuré et un préposé inscrivait sur ses listes son identité, sa taille, et éventuellement quelques particularités physiques. Les Ardéchois, le plus souvent, étaient incorporés dans l’infanterie de ligne comme le célèbre Sainmontannais Dominique Clément Guyon et quelques autres tels Louis Loubet qui, tout au cours de son incorporation, écrivit régulièrement à sa mère et dont quelques lettres furent sauvées de l’usure du temps. On sait que Dominique Guyon engagé volontaire en 1792, nommé colonel en 1814, était chef d’escadron au 12ème chasseur quand il partit pour l’Espagne en 1810. Il se battit avec bravoure dans l’armée de Catalogne en 1811, 1812, 1813. Et nous avons dans nos archives familiales des lettres datées de Pampelune, Saragosse et Terragone de Louis Loubet qui, conscrit en 1808, revint au village natal fin 1814, avec son sabre et une décoration. Il avait 31 ans, il s’y maria avec Marie-Anne Dusserre dont il eut un fils Jean Louis, le 1er décembre 1816, mon bisaïeul paternel. Parti à 24 ans, il servit l’empereur 7 ans.

ardèche

ardèche
Revenons donc à la Catalogne qui se souleva dès 1808. Le général Suchet prit la tête d’un corps d’armée chargé de pacifier cette province. Il est intéressant de rappeler que Suchet avait commandé un régiment de soldats ardéchois, plus ou moins volontaires, au siège de Toulon en 1793, aux côtés de Bonaparte. Pampelune, en Navarre, fut prise dès 1808 par les Français sous les ordres du général en chef d’Armagnac. Saragosse, en Aragon, assiégée de fin 1808 à février 1809, se rendit au maréchal Lannes après de sanglants combats de rue, même de maisons à maisons, faisant de nombreux morts évalués à 50 000 environ. Suchet occupa Huesca, en Navarre, en janvier 1810, Lérida en mai 1810, Tarragone en 1811. Fait duc d’Albufera, il fit le siège de Valence dès octobre 1812 qu’il occupa jusqu’en 1814. Le traité de paix de Valençay, après la déroute de Vittoria en décembre 1813, vit le retour des Bourbons sur le trône d’Espagne avec Ferdinand VII.

Grâce aux quelques lettres sauvées de Louis Loubet nous tenterons de suivre le bataillon dans lequel il fut incorporé. Une lettre de Pampelune du 28 octobre 1809 nous apprend que sa division “passa à Saint-Sébastien puis nous n’avons plus eu de repos. Nous avons toujours été au combat ou sous les armes. Nous avons campé trois mois malgré la chaleur et le froid… nous sommes revenus dans cette ville (Saint-Sébastien) pour nous équipé un peut (sic). Nous croyons cependant partir bientôt pour rejoindre notre division”. Il donne son adresse : Monsieur Louis Loubet, soldat au 2ème régiment supplémentaire, 2ème bataillon, 5ème compagnie. La lettre était adressée à Marianne Loubet, Saint-Montant, département de l’Ardèche, poste restante au Bourg-Saint-Andéol. Dans une autre, envoyée de Tarragone où commandait le général Hugo, père du poète (“Mon père ce héros au sourire si doux”) datée du 18 août 1811, il écrit “ma mère vous ne vous plaindrê (sic) pas de ma négligence … vous devez être instruite que nos fourriers ne passent pas régulièrement. Je vous dirai que nous avons beaucoup souffert par des marches forcées… au milieu de grande chaleur. Malgré la fatigue, les combats, et les sièges que nous avons faits et les forts pris d’assaut, le ciel m’a conservé…
Nous sommes dans un port de mer dont nous voyons tous les jours les Anglais, et prêts à nous battre contre eux… ” Nous pouvons suivre ainsi la marche de sa compagnie depuis l’entrée en Espagne à Saint-Sébastien, avec l’armée du général d’Armagnac qui, venue de Bayonne, passa par Irum et Saint-Sébastien, pour entrer dans Pampelune dès 1808. Puis ce fut Sarragosse en 1805, Huesca en Navarre prise par Suchet en janvier 1810 ; Lérida en mai 1810, Tarragone en 1811, Valence en Juin 1813. Dès cette date le retour en France des troupes françaises dut commencer. On sait que le colonel Guyon rentra effectivement en 1813. Nous ne savons pas à ce jour si Louis Loubet et d’autres Sainmontanais, qu’il serait intéressant de recenser, étaient alors sous les ordres du chef d’escadron, le colonel Dominique Clément Guyon. Sur ce point “l’Association pour l’encouragement des Etudes napoléoniennes” à qui nous devons quelques précisions sur “Napoléon et la guerre d’Espagne” pourrait peut-être nous renseigner, après des recherches faites dans les Archives de la commune nous permettant de connaître, éventuellement, des descendants des soldats de l’Empire.


NB : La maison de la famille Loubet à cette époque a pu être localisée par les recherches de L.F. Cave sur les anciens cadastres dans le bourg de Saint-Montan. Il s’agit de la maison dite “du Tambour”, rue du Château. La maison de la famille de Saint-Priest se trouve être celle du peintre Kerlam, place de l’Eglise.

Ces articles parfois remaniés et complétés, tels “les cadastres romains d’Orange” et “Napoléon… et Saint-Montan” ont paru à la rubrique Saint-Montan dans le journal La Tribune de Montélimar. Nous remercions la direction d’avoir eu l’obligeance de nous autoriser à les réunir en un seul fascicule.








accueil Saint-Montan

E-mail : saintmontan@orange.fr
Téléphone : 06 65 29 68 07

Dernière mise à jour : 15 février 2016

Ce site a été créé par l'association :
Découvrir Saint-Montan et ses environs
armures
ardèche imbours



Salle d'armes - Maison seigneuriale Mairie de Saint-Montan Domaine d'Imbours

Association "Découvrir Saint-Montan et ses environs" - rue de la Poterne - 07220 SAINT-MONTAN

Ardèche Evasion - Ardèche Miniature - Ardeche.com - Chritia Sylf - Galerie Terre et Feu - Hôtel de Digoine - Julie Moreau - La Pacha  - Le Palais des Evêques - Office de Tourisme de Bourg-Saint-Andéol - Restaurant Le Médiéval - Ville de Bourg-St-Andéol - Voyage en Ardèche
- Domaine d'Imbours